Charte des Fêtes Interconnectées de la BD

Préambule

Les Fêtes Interconnectées de la Bande Dessinée sont nées d’un désir commun : célébrer la BD sous toutes ses formes, en ouvrant des espaces joyeux et inclusifs. Chaque Fête est autonome, façonnée par les personnes qui souhaitent lui donner vie. Ce qui relie ces fêtes entre elles, c’est l’envie de renouveler nos façons de célébrer la BD, de valoriser celles et ceux qui la créent, la lisent et la font vivre, et de porter des valeurs communes d’inclusivité, de bienveillance et de justice sociale. Chaque ville, chaque collectif, chaque groupe d’artistes peut ainsi imaginer librement un événement qui lui ressemble, dans le respect des valeurs et engagements décrits dans cette Charte*.

*Le non-respect de ces points essentiels engage localement les responsables et organisateur·ices qui n’auraient pas fait le nécessaire pour protéger et accueillir au mieux les travailleuses et travailleurs, ainsi que le public.

Une fête inclusive

Nous souhaitons organiser une fête inclusive, bienveillante et accessible à tous·tes. L’ensemble des événements de la Fête Interconnectée de la BD seront organisés de manière à proposer des espaces ouverts, accueillants et sécurisés pour les personnes minorisées. Il sera donc demandé une vigilance de la part de chacun·e des participant·es et des organisateur·ices pour veiller à ce que ne soit toléré aucun comportement ou propos sexiste, raciste, homophobe, transphobe, validiste, classiste ni aucune forme de discrimination que ce soit. Dans la mesure du possible*, les événements seront organisés dans des lieux accessibles aux personnes à mobilité réduite.

* La Fête Interconnectée de la BD étant un événement organisé de manière bénévole et sans financement, certains lieux tels que les ateliers d’artistes ou les locaux associatifs ne sont pas toujours équipés en matière d’accessibilité PMR. 

Une fête éthique

La Fête Interconnectée de la BD est un événement entièrement gratuit. L’organisation de cette fête étant réalisée sur la base du bénévolat, il pourra être mis en place des propositions de contributions volontaires afin de soutenir les artistes, les lieux, les organisateur·ices, les intervenant·es, etc. Toutefois, l’accessibilité aux lieux d’exposition, d’intervention ou aux soirées ne pourra en aucun cas faire l’objet d’un tarif d’entrée.


De la même manière, nous refusons les partenariats ou les financements provenant de sources contredisant les valeurs du mouvement. Dans un souci de transparence, les organisateur·ices devront être capables de répondre clairement aux questions concernant l’organisation, les éventuels financements et partenariats.


Les Fêtes Interconnectées de la BD ne doivent en aucun cas reproduire les schémas de domination et d’exploitation qui ont conduit au boycott du FIBD. Tous les événements devront donc être organisés dans le respect des locaux accueillants et des personnes qui y travaillent (qu’elles soient engagées pour le ménage, la cuisine ou l’organisation), des œuvres exposées, des artistes, des intervenant·es, des bénévoles impliqué·es, du public et du vivant dans son ensemble. Soyons également vigilant.e.s concernant nos déchets et le respect de l’environnement.

Une fête horizontale

Nous souhaitons organiser une fête horizontale, qui permette de visibiliser l’ensemble des travailleur·euses de la bande dessinée, sans hiérarchie de notoriété ou dominance de métier, en mettant au cœur de nos événements la joie de créer et de se rassembler autour de l’amour de la bande dessinée dans son ensemble. Seront donc mis à l’honneur aussi bien les scénaristes, les traducteur·ices, les coloristes, les maquettistes, les libraires, les éditeur·ices, les dessinateur·ices, les critiques, les journalistes… Nous refusons de mettre en compétition les ouvrages et leurs auteur·ices en réalisant des classements et des remises de prix arbitraires. Les cérémonies humoristiques et parodiques sont toutefois encouragées* !

*Comme celle des Misma à BD Colomiers, mais pas comme celle du FIBD en 2016.

Une fête engagée

Il est important de proposer au moins un point d’information par ville ou par groupe d’événements concernant les syndicats et associations de la bande dessinée défendant les droits des auteur·ices, qu’ils soient nationaux ou locaux, pour mettre en lumière leur travail indispensable : STAA CNT-SO, SNAP CGT, Ligue des auteurs professionnels, Charte des auteurs et des illustrateurs de jeunesse, Snéad-CGT, SNAC BD, ABDIL, SCAA, etc.

Ces informations peuvent être rendues accessibles par des personnes (représentant·es de syndicats, porte-paroles, artistes-auteur·ices informé·es, etc.) ou par la présence de documentation papier sur les lieux des événements.

Une fête qui dure

La Fête Interconnectée de la BD est née d’un refus de participer à l’édition 2026 du FIBD, mais également d’une volonté de proposer d’autres modalités de célébration et de remettre au cœur de nos festivals les enjeux spécifiques à nos professions. Afin d’exprimer nos revendications liées au boycott et de replacer cet événement dans un contexte plus global de réforme des statuts d’artistes-auteur·ices, il est encouragé d’intégrer aux discussions et tables rondes les thématiques suivantes :

  • Sexisme et VHSS dans les milieux de la bande dessinée et/ou du livre illustré
  • Racisme et LGBTphobie dans les milieux de la bande dessinée et/ou du livre illustré
  • Le statut des artistes-auteur·ices et leur précarité : Sécurité sociale, continuité des revenus, retraite, création d’une nomenclature spécifique à l’INSEE, etc.
  • Les dangers de l’IA pour nos professions et les enjeux liés à la défense du droit d’auteur·ice