
Collective Girlxcott
TW : mention de VSS (1er paragraphe)
Janvier 2025, une enquête de Lucie Servin dans L’Humanité dévoile que le Festival d’Angoulême est géré par une société privée au management toxique. On y découvre “l’affaire Chloé*”, dans laquelle celle-ci raconte que lors du FIBD 2024, alors employée par 9eArt+ comme responsable de la communication du festival, elle a subi des VSS de la part d’un des prestataires. Plutôt que de la protéger et de l’aider, 9eArt+ l’a licenciée pour faute grave, alors qu’elle venait de porter plainte pour vi*l.
Ces révélations viennent s’ajouter à une longue liste de problématiques et de violences subies depuis des années par les professionnel·les de la bande dessinée. S’ensuivent alors une pétition en avril 2025, lancée par le STAA CNT-SO et MeTooBD, signée par plus de 2 000 personnes, puis l’annonce en octobre 2025 du boycott par Anouk Ricard, élue Grand Prix du Festival, et enfin, une mobilisation historique lancée par les auteurices (des femmes et des minorités de genre) en novembre entraîne une annulation de l’édition 2026 du festival. Ce girlcott est une chose inédite dans le monde du livre et prouve bien que sans les auteurices, pas de livres ni festivals !
Ce Girlcott, devenu la collective Girlxcott depuis pour être inclusif, fédère des centaines d’auteurices prêtes à lutter pour leurs droits, contre les violences systémiques du milieu de la bande dessinée, et à faire évoluer une profession qui a longtemps été l’apanage d’hommes blancs cis, jouissant de privilèges au détriment d’autres.
Cette collective est composée d’auteurices parmi lesquel·les se trouvent des signataires du Manifeste des 285 (paru dans L’Humanité du 17 novembre 2025).
En décembre, la collective va devenir une association loi 1901 et aura pour vocation le soutien à la création et à la diffusion de la bande dessinée dans une perspective féministe et inclusive.